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Association canadienne des éleveurs de lamas et alpagas

Normes de reproduction

Pour débuter, une des premières questions importantes à répondre est la suivante : qu'est-ce qu'une race? Il y a plusieurs réponses à cette question, mais, pour ce qui nous concerne, cette expression doit faire référence à la Loi sur la généalogie des animaux. À savoir : « Une race est une population d'animaux ayant une origine et un historique communs. Il n'y a pas de définition standard sur laquelle tout le monde s'entend. Cependant, deux importantes caractéristiques sont à noter, soit que ces animaux doivent dénoter des caractéristiques uniques qui les distinguent et ils doivent être génétiquement stables d'une génération à l'autre. »

Une norme de reproduction est un terme utilisé à différentes sauces - malheureusement, pas toujours de façon consistante. Dans les registres de reproduction au Canada, ce terme est défini comme suit : « Les normes de reproduction sont des caractéristiques qui font la marque de commerce essentielle d'une race, comme la couleur, le pelage, les cornes, la taille, la conformation, etc. D'autres normes de reproduction peuvent inclure les caractéristiques liées à la performance comme le taux de croissance ou la production laitière. » Dans le cas des expertises, cependant, les normes de reproduction sont utilisées comme des équivalents à la « norme de perfectionnement », au « type véritable » ou à l'idéal pour la race.

En tenant compte des plus récentes discussions continues et parfois acrimonieuses sur les normes de reproduction dans la communauté internationale des alpagas, plus particulièrement aux États-Unis où elles sont inexistantes, pourquoi avons-nous au Canada publié des normes de reproductions? Alors qu'aux États-Unis on craint que l'établissement d'une norme de reproduction constitue un frein à la reconnaissance d'une diversité génétique dans la population, ici cette diversité devient la raison même pour laquelle nous avons établi une norme de reproduction. En 1974, le ministère de l'Agriculture a créé un comité consultatif ayant pour responsabilité d'établir des critères pour l'admissibilité de nouvelles races d'animaux d'élevage au Canada. Le comité a suggéré l'acceptation de nouvelles races si elles répondent aux critères suivants : « Une population d'animaux… qui produit une descendance possédant… un bon degré de stabilité génétique tel qu'il a été démontré par l'uniformité phénotypique et les niveaux de performance… » La principale considération pour une race distincte au Canada est l'obligation de répondre à une stabilité génétique. Sans une stabilité génétique, vous obtenez ce que l'on appelle une race en évolution. Celle-ci peut à son tour être reconnue comme une race distincte mais seulement si les caractéristiques phénotypiques de plusieurs générations peuvent être évaluées et se révèlent être uniformes.

Lorsque l'ACELA a fait une demande auprès du ministère de l'Agriculture pour devenir une association de race, nous avons dû démontrer au ministère que chaque race que nous représentons provient d'une population ayant une population de base commune et présentant des caractéristiques de race distinctes de façon uniforme. Les normes de reproduction ont donc été la base de la reconnaissance des premiers animaux d'élevage, ce qui a été essentiel pour la reconnaissance d'une race distincte en vertu de la Loi sur la généalogie des animaux. Les alpagas et les lamas répondent à une description physique écrite qui établit une exigence minimale ou une gamme de caractéristiques spécifiques pouvant les distinguer des autres races. Ceci est important puisqu'une des exigences de la Loi sur la généalogie des animaux veut que le dépistage continu (la déclaration de l'éleveur faisant foi que les animaux respectent la norme de reproduction) des animaux avant l'enregistrement soit essentiel étant donné que tous les animaux enregistrés doivent avoir un lien avec la population de base. Cette mesure maintient les caractéristiques désirées comme il est défini par la norme de reproduction.

Les normes de reproduction que nous utilisons aujourd'hui ont bien évidemment été développées à partir des critères de dépistage appliqués aux animaux d'origine importés. La principale considération prise en compte lors de l'établissement des normes de dépistage a été de créer une série de critères objectifs pouvant vérifier le plus d'anomalies fonctionnelles et potentielles importantes transmissibles par héritage. Pour chacune des caractéristiques, un niveau minimum d'acceptabilité a été défini (l'expression dorénavant utilisée sur la demande d'enregistrement - normes de reproduction minimales). Au Canada, les registres de reproduction font référence le plus souvent à la gamme d'expressions de trait et à l'absence de conditions génétiques considérées acceptables pour la race plutôt qu'à l'animal idéal. Cependant, alors que certains traits sont définitifs (simple présence ou absence d'une exclusion à l'enregistrement pour raison congénitale) d'autres ne le sont pas. Un danger lorsque l'on se contente de définir et de transmettre un ensemble minimum de normes est l'implication que si, par exemple, les pattes d'un animal respectent la norme (déviation à un niveau qui ne surpasse le niveau proscrit), cet animal doit être considéré comme de bonne qualité. En fait, l'animal peut ne pas respecter l'objectif que tous les éleveurs devraient chercher à respecter, soit les pattes droites. Il s'agit là de la différence fondamentale entre les normes minimales de reproduction et la définition des types de race (où l'animal idéal est décrit). La conséquence est que les normes de reproduction de l'ACELA font référence à des lamas et à des alpagas idéals dans certains secteurs afin d'éviter les implications aux problèmes qui se produisent uniquement lorsqu'il est question d'une norme minimale.

Le dépistage initial des animaux souches ou importés n'a permis bien sûr de garantir que tous les animaux importés au Canada ne présentaient aucune anomalie structurale ou transmissible par héritage. Une des limites évidentes du dépistage est l'incapacité à détecter des porteurs pour des anomalies spécifiques transmissibles par héritage chez des animaux ayant une structure normale. Bien qu'il ne soit pas parfait, le système utilisé par l'ACELA donne un bon moyen d'éliminer potentiellement beaucoup d'animaux dotés de traits non désirables dans notre troupeau enregistré comme pure race tout en maintenant un certain de gré d'uniformité phénotypique tel qu'il est requis en fonction de leur statut distinct de race. L'application en permanence de ce processus fournit une étape importante dans le développement d'un registre canadien solide qui peut, avec le temps, se retrouver sans anomalies sérieuses transmises de façon héréditaire et sans tares. L'important est de savoir que l'utilisation reconnue du Canada de ces normes de reproduction, par la communauté internationale des camélidés, ajoutera de la valeur au registre canadien et donnera confiance à tous les éleveurs sérieux de camélidés qui cherchent à améliorer la qualité et la constance de leurs troupeaux.


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